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          Je recherche souvent la solitude de bois au bord de l'eau, voire entourés d'eau. Ce jour là, j'étais parti voir le lac de Montbel, en Ariège. La jetée enjambée, je tournais à gauche dans les bois, et suivais le sentier des chasseurs. Au bout d'un kilomètre, j'apercevais sous les feuillages, une cabane industrielle récente, en planches vernies encore en bon état. A l'intérieur, juste un banc, et des leviers pour ouvrir des volets et épier la nature sans être vu. Ce n'était pas précisément ce que je cherchais, aussi je ressortais aussitôt.

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          Juste derrière, j'observais et surtout j'écoutais la forêt bruisser. Le petit filet d'air n'était pas suffisant pour agiter l'eau, le moindre son était repérable, j'attendais. J'attendais je ne savais quoi, mais rien ne pressait. Un quart d'heure avant, j'avais vu un grand papillon tomber mort devant moi ! C'était mon jour d'observation.

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         Et soudain, là aussi, je voyais une guêpe tomber dans l'eau. Elle se débattait, mais n'arrivait pas à décoller. L'idée me venait alors de saisir une petite branche morte, et de la passer sous ses fines pattes. Hop ! En un instant, je la voyais s'y accrocher. Je la transportais sur la terre ferme où je déposais le bâton, puis passais de longues minutes en observation.

          Au début, elle ne bougeait pas. Le soleil, et la légère brise sur les feuilles s'arrangeaient pour la baigner de lumières et d'ombres intermittentes. C'était au mois d'août, il faisait bon, je surveillais. Puis, commençait sa résurrection, ses ailes vibraient de temps en temps, et de plus en plus fort. Elle s'envolait enfin, mais à mon grand étonnement pas pour fuir ! Non ! Elle venait à mes pieds, s'élevait verticalement avec la précision de celle qui suit la ficelle d'un fil à plomb, s'arrêtait trois secondes à hauteur de mes yeux, puis partait poursuivre la balade dans le bois. Je ne l'ai plus revue.